GEU ?

Mardi 9 octobre, 48h après notre dernière visite aux urgences, l’angoisse est à son comble. La nuit a été courte et agitée, nous sommes tous les 2 réveillés à 5h et il serait de bon goût d’attendre une heure raisonnable avant de se pointer aux urgences. Pas sure que l’interne de nuit apprécie de nous voir débarquer pour un simple contrôle.

Finalement départ à 7h15, je n’en peux plus d’attendre. Mon Chéri espère toujours. Le taux n’avait certes pas doublé mais il avait augmenté quand même, notre petit Warior a toujours pris son temps jusque là, il peut toujours nous surprendre. Pour ma part, et contrairement à d’habitude, je suis beaucoup plus réservée, il faudrait un miracle ou alors le taux de dimanche est le résultat d’un problème avec la machine.  Ben oui, pourquoi pas après tout…

A notre arrivée, nous sommes rapidement pris en charge. Prise de sang et blabla habituel. L’infirmière me demande comment je vais, mes pleurs feront office de réponse. Lors de notre retour en salle d’attente, on apprendra alors que 8h c’est l’heure de convocation des PB pour qui l’accouchement doit être déclenché. Attente donc en compagnie de couples avec tout leur bazar et évidemment, le sourire aux lèvres.

Pendant l’attente, on entend également les infirmières et sages-femmes tergiverser autour de la fameuse machine qui technique les prélèvement et qui semble ne pas vouloir fonctionner depuis la veille. Discussion qui bien évidemment nourrira mon espoir d’une erreur technique.

On sera rapidement pris en charge par une interne adorable (et son externe of course) qui ne fera aucun suspense le taux de BHCG est à 1012 ui, on est loin du compte. Passage donc par l’écho pour essayer de localiser cet embryon. Echo très complète, endo-vaginal et sur l’abdomen, à la recherche de signes d’hémorragie. Elle semble en début d’internat, très douce, me demande en permanence si elle me fait mal et galérera à visualiser mon ovaire droit car elle n’osera pas m’appuyer suffisamment sur le ventre. Comme d’habitude, elle ne verra rien et me dit d’attendre quelque minutes le temps qu’elle demande l’avis d’une collègue. En attendant je retiens mes larmes mais pu***** c’est pas juste, 4% de risque et il faut que ça tombe sur nous. Pourquoi toujours nous ? Qu’est-ce qu’on a fait pour mériter ça ?

L’interne reviendra accompagnée de sa collègue qui souhaite refaire l’écho. C’est donc reparti pour un tour, qui ne révélera rien de plus. Le taux qui continue a évoluer est très évocateur d’une GEU, mais il se peut que ce soit une fausse couche et qu’on ne sache jamais vraiment. Elle m’informe alors qu’il faudra que je revienne dans 48h et que si le taux continue à augmenter, il faudra me faire une injection de Methotrexate. Elle me laisse donc avec la jeune interne qui prolonge mon arrêt de travail jusqu’à la fin de la semaine et me demande d’attendre en salle d’attente que l’infirmière m’appelle pour le bilan sanguin pré-méthotrexate.

Retour donc en salle d’attente avec les PB où je pleure silencieusement dans les bras de mon Chéri. Après 20 min d’attente, il n’y a aucune autre patiente arrivée, les infirmières sont plusieurs à discuter dans le poste de soins, je demande donc à mon Chéri d’aller voir. Il se fera directement remballer, qu’il n’a qu’à attendre, comme tout le monde. C’est à se moment là que les pleurs d’un nouveau né se font entendre et là s’en est trop pour moi, grosse crise de larmes, je ne peux plus me contenir, tout le monde me regarde. Mes pleurs attirent le personnel qui s’étonne que je n’ai pas encore vu l’interne. Mon Chéri explique donc la situation et l’infirmière s’excuse en nous disant qu’au vu de notre dossier, elle avait anticipé et a donc prélevé ce bilan dès mon arrivée. En gros, on aurait pu partir directement. Vive la communication !!

De retour à la maison, comme tout le monde je pense, je me tourne vers le Web. Je vais relire les articles de la GEU  de « Simone attend le train », ce qui ne m’avance pas trop, son expérience étant bien différente de la mienne.

Mes recherches m’apprendront tout de même qu’il n’y a pas 36 solutions:

-Le traitement médicamenteux, le Méthotrexate, qui a l’avantage d’éviter la chirurgie dans certains cas MAIS du fait de son effet tératogène interdit toute nouvelle tentative avant minimum 3 mois.

-La chirurgie avec +/- conservation de la trompe. C’est pas comme si de toute façon mes trompes étaient vraiment utiles en FIV ICSI… Et puis tant qu’à y être, s’ils pouvaient regarder l’endométriose de mon ovaire droit au passage et m’éviter une récidive je suis prête à en discuter.

Comme on dit, on n’est pas sorti de l’auberge. Le processus de deuil peut quand même commencer, il n’y a plus d’espoir pour cette grossesse, il est maintenant évident qu’il va falloir dire au revoir à notre petit Warrior.

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