Journée parentalité adoptive

Il y a quelques temps, l’EFA de notre département a organisé une journée parentalité adoptive. L’autre jour, en rangeant mon sac, je suis tombée sur le carnet contenant mes notes de la journée et j’ai réalisé que j’avais complètement oublié de vous en parler.

Mon Chéri était le plus partant pour pouvoir dédier une journée entière à notre projet d’adoption, dans son emploi du temps bien chargé. C’est d’ailleurs lui qui a réalisé nos inscriptions et qui s’est renseigné sur le déroulé de la journée. Etant plus renseignée que lui et tout en sachant qu’on ne commencera pas vraiment les démarches avant quelques mois, j’étais moins emballée. D’autant que j’avais vraiment la flemme de me lever tôt un dimanche matin. Finalement, j’ai adoré cette journée !

A notre arrivée, nous avons retrouvés des têtes connues que nous avions déjà croisées lors du café rencontre et de la soirée conférence sur l’adoption d’enfants à particularités. Du coup, je ne me sentais pas trop perdue et c’était sympa d’avoir leurs ressentis sur l’avancée de leurs démarches d’agrément.

La journée a commencé par un tour de table de présentation. Grand classique mais ça nous a permis d’apprendre que nous étions dans un groupe très hétérogène, de part nos origines, nos âges, nos histoires de vie, et nos projets d’adoption. D’ailleurs, on en était à des stades très différents de nos démarches, allant de nous qui n’avions pas vraiment commencé jusqu’à un couple qui en était à son deuxième agrément et dont le dossier venait d’être accepté par un pays. Je pense que ça a beaucoup aidé dans la qualité des échanges et réflexions que nous avons pu avoir au cours de la journée.

Ensuite nous nous sommes divisés en 3 groupes pour échanger sur des idées reçus qu’on pourrait avoir, sur des phrases qu’on pourrait entendre par des personnes extérieures au monde de l’adoption. Les couples étant invités à se séparer dans des groupes différents. Plusieurs idées reçus nous ont été proposées et chaque groupe a travaillé sur une idée.

-Adopter permet de sauver un enfant de la faim, de la misère et de la mort (c’est le groupe dans lequel j’étais)

Il en est ressorti que cette phrase sous entendait un acte généreux avec une « dette » de l’enfant envers les adoptants et forcément une adoption internationale. Au contraire, on a trouvé que l’adoption était plutôt un acte égoïste. Si l’on souhaite adopter c’est souvent pour nous, pour fonder une famille et combler notre désir d’enfant. Adopter un enfant n’est d’ailleurs peut être pas toujours la meilleure solution pour aider un enfant qui vivrait dans la misère. Et puis misère quoi ? Financière ? Affective ? Peut-être que cet enfant se sent très bien là où il est. Il n’a rien demandé lui.

Il faudrait profiter de l’attente, de ce long processus pour se préparer à la parentalité, de ne pas se sentir « sauveur ». D’abord pour le faire comprendre aux personnes de notre entourage et pour que cet enfant ne se sente pas redevable de son adoption. Et puis c’est pas l’inverse plutôt ? C’est pas cet enfant qui va nous sauver nous ?

-Plus on adopte un enfant jeune, plus l’adoption a des chances de réussite.

Il en est ressorti qu’un enfant petit aura moins de souvenir de sa vie d’avant. Un enfant plus grand sera plus acteur de son adoption, parfois en demande d’être adopté et d’avoir des parents ou nouveaux parents. Il est plus facile de s’attacher à un bébé alors qu’on aurait plus peur d’être rejeté par un enfant plus grand.  Se pose les questions de la barrière de la langue, de l’intégration, de la scolarité, de la nécessité d’une classe d’accueil. Il est important de prendre le temps de créer du lien et éventuellement de repousser l’entrée à l’école en fonction de la demande et des besoins de l’enfant. La réalité de l’adoption fait que nous devons faire face à nos attentes, et revoir notre rêve de l’enfant désiré, idéalisé. Il devient de plus en plus rare de pouvoir adopter un tout petit.

-C’est injuste ce parcours, on ne demande pas autant de choses aux personnes qui procréent.

Je crois que cette phrase fait beaucoup écho aux personnes qui ont du faire face à un parcours PMA.

Il en ressort que c’est injuste cette perte de temps, les délais, la longueur de l’attente. Se sentiment de devoir ressembler à « la famille parfaite » et de se sentir juger lors des entretiens. Il est difficile de se projeter avec un enfant imaginaire où il n’est pas possible de répondre au travail social « on verra bien le moment venu ».

Il faut intégrer que le temps d’attente est bénéfique pour se préparer et mûrir son projet. Ne pas perdre de vue que l’on cherche une famille pour un enfant et pas l’inverse. Ce n’est pas injuste, c’est nécessaire pour le bien être supérieur de l’enfant, pour lui trouver la meilleur famille possible.

Après un café, on est passé à une partie plus théorique sur l’attachement de l’enfant, les besoins fondamentaux, la pyramide de Maslow et le cerveau de McLean.

Après la partie théorique la pause déjeuner était la bienvenu et, on a eu le temps d’échanger avec les autres couples.

La reprise a été difficile pour tout le monde. En pleine digestion, on a regardé un reportage sur l’adoption puis, nouveau dispatch en 3 groupes (différents du matin) pour échanger dessus. Je l’avais déjà vu mais j’ai beau chercher, je n’ai pas réussi à le retrouver pour le partager avec vous.

Par la suite, on est repassé sur une partie plus théorique, en parlant de l’attachement. L’intervenante a illustré ses propos via un cas concret d’une petite fille adoptée en Chine (de mémoire, moins de 2 ans). Je n’ai pas pris beaucoup de notes, parce qu’honnêtement, la journée était dense et qu’on nous a donnés des photocopies bien plus complètes que ce que j’aurais pu noter.

Et pour finir, chacun devait choisir un mot à jeter, symbolisant quelque chose dont il voulait se débarrasser et, un mot à garder. C’est marrant parce qu’on a vu beaucoup de mots revenir encore et encore. Vouloir se débarrasser du sentiment d’injustice, des idées reçues, profiter du temps d’attente pour construire son projet et profiter de cette vie à 2 qui, on l’espère, ne durera pas, espérer voir son projet aboutir…

On est en prime ressorti de cette journée avec un certificat de présence à la formation. A priori, les travailleurs sociaux de notre département n’en tiennent pas vraiment compte mais ça peut compter comme certificat de formation pour l’adoption internationale.

En attendant la prochaine étape, je voudrais acheter un beau cahier pour mettre au propre mes notes et réflexions. Il servira, je l’espère, un jour, à raconter son histoire à notre enfant. On est également ressorti avec beaucoup de pistes de livres, de conférences, de magazines et de films. On a largement de quoi s’occuper !

6 commentaires sur “Journée parentalité adoptive

  1. Ça a vraiment l’air intéressant et enrichissant une journée pareil 😊 et j’imagine que discuter avec d’autres couples aide à faire mûrir/grandir sa réflexion sur le sujet !
    Bonne lecture et visionnage de tous ces livres et films alors !

    Vous avez d’autres dates/rdv/rencontres de prévu dans les prochains temps pour votre parcours adoption ?

    Aimé par 1 personne

    1. C’est vrai qua ça a été hyper enrichissant ! Discuter avec d’autres couples me rassure aussi dans le sens où je vois que notre projet et nos réflexions ne sont pas totalement à côté de la plaque. Ça permet un peu de « s’imprégner » de la réalité de l’adoption. Et puis voir les autres progresser permet de réaliser qu’en fait les 9 mois de demande d’agrément passent super vite. En 9 mois de PMA ont a eu le temps de faire une FIV complètement foirée, eux ils auront un agrément c’est ouf !
      Pas d’autres dates de fixées pour le moment, Mon Chéri passe ses exams le mois prochain et les prochaines dates seront en même temps que notre potentielle et théorique future FIV. .. Donc on verra le moment venu.

      Aimé par 1 personne

  2. Super cette journée ! Pour le « c’est injuste, on ne demande pas aux autres de passer un agrément » j’y ai encore eu droit il y a peu et malgré toutes mes explications la personne n’a pas voulu en démordre. Sauf que, même si j’étais déjà convaincue, je le suis d’autant plus aujourd’hui, oui l’agrément est capital et même pas suffisant, il ne faut pas se contenter de ça, il faut se préparer, lire, écouter des témoignages, réfléchir…

    Aimé par 1 personne

    1. Clairement l’agrément seul est loin de suffire pour se préparer à la parentalité adoptive. Après, à nous de mettre à profits les années d’attente qui suivent. Même si je pense que quoi qu’il arrive, on n’est jamais prêt à être parent.
      Je commence à prendre du recul sur le fait que c’est pas juste qu’on ait à subir tout ça (la PMA, les démarches …) par rapport à d’autre qui n’attendent pas et ont un enfant de suite quand ils l’ont désirer.
      Mais j’ai surtout les boules de voir le système Français qui conserve les liens du sang à tout prix.

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