On avance vers l’agrément

Je n’en avais pas parlé ici mais en novembre, nous avions eu notre premier RDV avec la psychologue du département.

Lorsqu’on a envoyé notre demande d’agrément, tout début septembre, on a reçu un courrier avec le dossier à compléter ainsi que les dates de réunions d’information, au choix, en janvier ou février. J’ai halluciné ! Comment ça, 4 à 5 mois d’attente juste pour la réunion d’information ?! Cette réunion étant obligatoire et, contexte Covid oblige, les réunions ne se faisant qu’en visio, le nombre de participant est très limité et donc les délais s’allongent. Lorsqu’il a appelé pour nous inscrire, Mon Chéri a quand même demandé s’il était indispensable de faire la réunion avant de renvoyer le dossier ou si on pouvait se lancer de suite. La personne au téléphone lui a répondu que si c’était clair pour nous, qu’on se sentait prêt et qu’on n’attendait pas cette réunion pour se décider, on pouvait se lancer. Ouf !

Notre tout premier RDV dans ce département, était donc le RDV avec la psy 3 mois avant la réunion d’information. Ce RDV s’est fait en visio. Nous avons échangé sur nous, notre enfance, l’histoire de notre couple, notre désir d’enfant. On est vite passé sur la PMA et on a préféré dire qu’on s’était arrêté après la FIV 3. Elle n’a pas particulièrement creusé la question. On est resté factuel, je n’ai pas craqué, ça fait juste partie de notre histoire.

On a ensuite plus abordé la partie adoption. On a parlé de nos réunions et rencontres EFA, et du film Pupille qu’on s’était enfin décidé à regardé la veille du RDV ! Depuis quand on en parle ? Quel est notre projet ? Est-ce qu’on s’est renseigné ? Est ce que, pour nous, il y a une différence entre enfant biologique et enfant adopté ? Est-ce qu’on en a déjà parlé avec nos familles ou nos collègues ? Comment réagissent nos proches ? Est-ce qu’ils comprennent et soutiennent notre démarche ?

Par exemple, ma grand-mère pensait très naïvement qu’on aurait sans doute notre enfant avant Noël prochain et ma mère reste sur cette idée que c’est un projet très généreux de sauver un enfant de la misère. Il va falloir casser pas mal de clichés mais on a eu la très agréable surprise de les voir s’investir, se renseigner de leur côté et poser des questions ultra pertinentes. Mes parents ont tenus, eux aussi, à regarder le film Pupille qui leur a permis de comprendre pas mal de choses. Surprenant quand on sait que ma mère ne fait toujours pas la différence entre FIV, transfert, TEC ou insémination. Elle fait seulement la différence entre ponction d’ovocytes qui signifie passage au bloc (elle reste bien marquée par l’hospitalisation lors de la FIV 3) et le reste où on met un truc dans mon ventre.

A la fin de ce RDV, on s’était fixé comme objectif d’essayer de définir un peu plus notre projet, de continuer à se renseigner et particulièrement sur le sujet de l’adoption simple dont on n’avait pas bien compris le principe.

Le matin même du 2ème RDV, je reçois un appel de la secrétaire de Hope. J’avais envoyé un mail pendant les vacances, avec les résultats de la dernière IAD, en demandant un RDV pour faire le point avant d’enchainer sur un autre protocole. Idéalement un soir, en viso, en mode je suis pas pressée, quand Hope aura le temps. Au téléphone, la secrétaire me propose un RDV le soir même en visio. Hein ? Aujourd’hui ? Genre le lendemain de la réouverture du cabinet ? Bon bah d’accord. C’est pas ouf, j’avais pas trop envie de mélanger PMA et adoption et surtout pas le même jour mais ce point avec Hope est vraiment nécessaire. Ca risque de faire juste niveau timing mais, comme d’habitude, on va compter sur le retard de Hope surtout en fin de journée. Pendant ce temps là, Mon Chéri recevait un appel de la psy lui demandant pourquoi on n’était pas venu ce matin à notre RDV. Euh parce qu’on a RDV à 14h… Gros coup de stress, on avait effectivement bien RDV à 14h et l’erreur ne vient pas de nous. Heureusement la psy s’arrange et nous reçoit comme prévu. On va dire que la semaine commence en beauté !

Arrivés au RDV, très en avance, la dame qui nous reçoit nous dit « Aaaah c’est vous le couple qui n’est pas venu ce matin ! ». Génial, merci la réputation…

On comprend rapidement pourquoi la psy voulait absolument nous voir en présentiel, elle nous reçoit séparément. L’un va dans une pièce pour remplir un document avec 3 cases : ce que je me sens capable d’assumer sans hésitation, ce qui dépasse mes limites, ce qui reste en question. L’autre va avec la psy pour discuter et à la fin on fait un débriefing tous ensemble. On savait que ça se faisait, on ne savait juste pas que ce serait aujourd’hui donc ce n’est pas vraiment comme ça qu’on pensait aborder le RDV.

On est resté 1h chacun avec la psy parlant principalement de notre enfance, de ce qu’on souhaite ou non garder de notre éducation, transmettre à notre enfant. Ayant chacun eu des enfances pas ultra joyeuse, cuicui les petits oiseaux, on a essayé de ne pas dépeindre un tableau trop sombre sans pour autant cacher la vérité.

Lors du débriefing, on a découvert avec surprise que nos fiches étaient complétées de façon très similaires. On a interpréter les questions de la même façon. N’ayant pas toujours la même vision des choses, je ne pensais vraiment pas et j’ai trouvé l’exercice très intéressant.

La psy s’attarde quand même sur ma dernière phrase: projet réaliste ? Elle me demande alors pourquoi j’ai mis ça. J’espère que notre projet est réalisable, pas utopique et qu’il y a cette possibilité de se voir un jour confier un enfant. Je sais qu’il n’y a aucune garanti et que ça peut très bien ne jamais arriver mais je ne veux pas non plus avoir un agrément avec un projet totalement irréaliste où ils savent déjà qu’aucun enfant avec ce profil n’est adoptable et, qu’en l’état actuel, il est impossible que notre démarche aboutisse. On s’est bien renseigné, particulièrement sur la situation de notre département mais peut-être qu’on se voile la face. Elle me rassure rapidement, si notre projet lui semblait irréaliste, elle nous l’aurait déjà dit.

Les dernières minutes ont été très instructives. On apprend que les médecins de la COCA de notre département ne reçoivent plus que les couples qui ont déjà l’agrément, ce qui explique pourquoi notre demande de RDV est restée sans réponse. Il va falloir trouver un autre interlocuteur ou se renseigner différemment. C’est dommage parce que Mon Chéri s’ouvre doucement aux particularités et il avait besoin d’exemples concrets et espérait beaucoup de cet échange pour y voir plus clair. Je pensais bien qu’il changerait d’avis sur le sujet mais je pensais que ça lui prendrait plus de temps. Le but étant d’avoir une idée plus claire des limites de chacun et de ne pas pousser l’autre au delà ce qu’il pourrait ou non accepter.

On pose donc la date du dernier RDV pour dans environ un mois. Par contre il y a un truc qui me chiffonne. Pourquoi on enchaine si vite les RDV alors que le délai d’agrément est de 9 mois ? A ce rythme là, on aura fini les entretiens dans un mois et on devra attendre jusqu’en juillet pour passer en commission. Le délai des 9 mois n’est qu’une indication, je savais que, souvent d’ailleurs, c’était plus long mais je n’avais pas du tout, mais alors pas du tout intégré le fait que ca pourrait aller plus vite ! Une fois les RDV faits et le dossier complet, notre dossier peut passer en commission. J’imagine alors 2 à 3 mois de délai mais encore une fois, je suis totalement à côté de la plaque, 1 mois 1/2 grand max !

OMG !!! Quoi ?! Mais je suis loin d’être prête moi, va falloir qu’on se booste très sérieusement dans nos lectures et réflexions ! Je pensais avoir 7 mois devant moi, pas 3 ! Normalement, on a une bibliothèque spéciale adoption dans notre département mais ça fait bien 2 mois qu’elle est fermée. On appelle toutes les semaines mais toujours aucune nouvelle de réouverture. Du coup, maintenant que les fêtes sont passées, on a enfin réussi à trouver une librairie avec le bouquin de Johanne Lemieux disponible et on s’est empressé de le commander. On a adhéré à EFA pour 2021 et on en a profité pour s’abonner à la revu Accueil. Go, go, go !

Prochaine étape, le RDV avec les travailleurs sociaux à la maison la semaine prochaine. S’étant sentis bien accompagnés et pas jugés par la psy, on espère que ça se passera aussi bien.

19 commentaires sur “On avance vers l’agrément

  1. C’est quelque chose le processus d’agrément. Idem ici. On n’a pas parlé pma on s’était également arrêtés avant. Parce qu’ici ils refusent les deux projets ensemble.
    J’ai trouvé ça éreintant, surtout les échanges avec l’efa. Et remuer mon enfance. Mon rdv préféré a été avec la psy, vraiment. Mais les AS ont été top. Pour autant j’étais usée et je voulais un pupille. Pas la force des rouages de l’étranger au grand désespoir des as.
    Vous faites bien de vous lancer. Et comme mouchette, Grumpy, Julys, September et tant d’autres…. je vous souhaite le bonheur au bout du chemin 🥰🥰🥰🥰

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    1. Je ne me souvenais plus que vous aviez fait des démarches d’adoption.
      Pour le moment, je trouve ça moins usant que la PMA mais c’est sur que ça prend du temps. Au final il s’est passé presque 1 an entre notre première réunion d’info et le RDV avec la psy donc on a largement eu le temps de la réflexion et de se préparer avant. Par contre, covid oblige, il y a beaucoup moins d’échanges avec EFA et ça me manque.
      Nous non plus on n’a pas la force (ni le budget accessoirement) pour un projet à l’étranger, pour le moment, mais on a choisi de s’installer dans un département avec pas mal de pupilles adoptables.

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      1. Et ça c’est chouette c’est fondamental! Dans notre département c’était 8 ans d’attente. Mais je préférais attendre 8 ans et vivre que d’être éreintée à faire des démarches qui pouvaient planter à tant de moments.
        Les délégations exams ont le reflet des représentants locaux, la psy ne serait pas censurée sur la présidente qui nous avait mis le moral à zéro. J’avais trouvé ca chouette même si déontologiquement limite car on était déjà tellement brisés.
        Bref, maintenant je croise, ici la procédure à bien pris 9 mois. Nos agrément s’est périmé l’an dernier. Et évidemment nous ne l’avons pas renouvelé.

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      2. On nous a parlé de 2 ans d’attente en moyenne mais ici, ya pas vraiment de règle. Il y a une vrai méconnaissance du parcours PMA, ils cherchent a savoir si on est assez fort pour un nouveau parcours mais ils mettent beaucoup de « fatigue PMA » sur le deuil de l’enfant biologique alors que c’est bien plus complexe.
        Vous aviez poursuivi quand même les démarches avec mise à jour de votre situation tous les ans ?

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      3. Je te rejoins c’est bien plus complexe et c’est en ça que choisir un pupille permettait de désamorcer des inquiétudes de notre côté… pas de risque de fermeture du pays, de fraude, d’adoption « piquée » ou de dossier falsifié…. bref faut être forts et on ne l’était plus assez.

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  2. Nous avons mis 5 mois entre notre réunion d’information et la réception de notre agrément. 9 mois c’est une indication mais qui ne veut plus dire grand chose, ça peut aller beaucoup plus vite (c’est rare mais ça arrive, la preuve) ou être beaucoup plus long.
    Pour ce qui est des besoins spécifiques, si vous avez une liste entre les mains (le genre de liste proposé par l’afa ou les OAA) vous pouvez toujours consulter votre/vos médecin/s traitant/s, ils n’ont certes pas les réalités de l’adoption en tête mais ça permet toujours de discuter de pathologies diverses et de ce qu’elles représentent. Nous avions consulté 3 médecins pour remplir notre questionnaire BS : mon traitant, un de coca et un de l’OAA.
    Bises

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    1. Tellement habituée aux longs délais et attentes que ça ne m’a absolument pas traversé l’esprit que ça pouvait être plus court.
      Pour le médecin, on y a pensé mais on n’a pas encore de généraliste ici et on n’avait pas eu un super contact avec celui rencontré pour le dossier d’adoption. On envisageait de contacter un pédiatre sinon, et pas de médecin coca dans le département voisin.

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  3. Comme dit carotte , c est un sacré parcours le processus d adoption . Il y a tellement de gens malveillant avec leur enfants génétiques, que ça m a tjrs dégoûté de voir à quel point toute ta vie est remué pour savoir si tu es «apte»a adopter ! Enfin …..

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    1. Normalement le but n’est pas de savoir si tu es « apte » à adopter mais plus de savoir si les parents sont « prêt » à accompagner et élever un enfant qui a déjà subit des ruptures. Après suivant les départements l’accompagnement est loin d’être le même malheureusement.

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  4. C’est ce qui me fait peur avec l’adoption… ce parcours dans lequel tant de tiers posent et reposent des questions intrusives sur ton enfance, ton désir d’enfant, ton histoire… A titre perso je ne me sens pas (encore) de le vivre, alors qu’en PMA je tolère mieux les multiples intrusions dès lors qu’elles sont physiques.
    C’est chouette que ça avance agréablement vite!

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    1. A titre perso, je trouve beaucoup moins intrusif de parler de mon enfance que de baisser mon pantalon devant des inconnus et de faire une ponction sous local. Et puis pour le désir d’enfant, pour passer en don, on a aussi du passer devant une psy, c’est pas tellement différent.
      Pour ce qui concerne la tolérance de la PMA, on a fait 8 protocoles et avec le temps, c’est de plus en plus difficile à tolérer sur certains points.

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      1. Tout à fait, aucun jugement de ma part. Ça m’interpelle juste dans le sens où personnellement je sens que mes blocages psychiques sont plus importants que mes blocages physiques (et je ne mets pas ça au rayon des points positifs).

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      2. On a tous des histoires différentes et on fait nos choix en fonction. Spontanément, et dès le diagnostic, l’adoption me semblait plus naturel que la PMA. Malheureusement, on ne remplissait pas les critères pour l’adoption et on était « un cas facile » pour la PMA. Les aléas de la vie …

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  5. Ca va, vous êtes dans le processus et la psy n’a pas l’air intrusive. La nôtre insistait vraiment pour qu’on aille jusqu’au bout de nos réponses. J’ai trouvé ce parcours plus dur psychologiquement que la PMA. Allez go, ça va aller vite.

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  6. Coucou Boma !
    Oh lala que de souvenirs en lisant tes articles !
    Ce que je retiens, c’est que le courant passe bien avec l’AS et la psy. C’est important pour parler plus facilement de soi.
    Je croise les doigts pour les prochains entretiens et surtout pour l’agrément !

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